LA CHOCOLATINE – LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

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LA CHOCOLATINE – LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

On vous raconte

Depuis déjà trop longtemps l’oppression linguistique nordiste s’abat sur la ville rose et tout le Sud-Ouest. Il est grand temps de faire entendre notre voix et de rétablir la vérité au niveau national !

Monsieur le Président de la République,

 

C’est à contrecœur que j’écris aujourd’hui cette lettre, dans l’espoir qu’elle vous parvienne.

La combat que j’ai entrepris de mener il y a déjà bien longtemps n’est pas de tout répit, mais il est déterminant. J’ai lutté, durant toute ma vie, avec mes propres armes, à mon niveau, dans la volonté de résister à l’occupation et l’oppression nordiste. Pourtant, et j’écris aujourd’hui au nom de tous les habitants du Sud-Ouest, il est désormais temps de régler cet affront au niveau national.

 

Monsieur le Président, nous ne pouvons plus supporter l’usage faussé du mot « pain au chocolat » pour décrire la petite merveille gustative qu’incarne la chocolatine. Cette viennoiserie, constituée d’une pâte levée feuilletée fourrée au chocolat, est un symbole du style de vie à la française, et son image ne saurait être entachée de la sorte par une appellation aussi disgracieuse que celle de « pain au chocolat ». Un pain au chocolat, ce n’est qu’un bout de baguette avec une barre de chocolat à l’intérieur, et rien d’autre.

 

Afin de vous montrer que cette réclamation linguistique n’a rien d’une querelle d’enfants, je pense qu’un petit rappel historique est nécessaire. Le terme de viennoiserie est apparu en France au début du XIXème siècle dans un contexte d’augmentation des échanges culturels entre la France et l’Autriche, deux des plus grandes puissances européennes. L’autrichien August Zang est le premier à importer les viennoiseries en France en fondant en 1838 à Paris un établissement nommé Boulangerie viennoise. Comme le rapporte l’historien culinaire Jim Chevalier dans son livre « August Zang and the French Croissant : How Viennoiserie Came to France », il eut un succès fulgurant dans la capitale, notamment grâce à ses kipferl, ancêtres du croissant, et ses schokoladencroissant, ancêtres de la chocolatine. C’est en effet de ce mot, devenu par la suite schokoladen, que provient le terme de chocolatine.

 

A l’inverse, la théorie largement répandue sur internet déclarant que chocolatine viendrait de l’anglais « chocolate in » est quant à elle totalement fausse. Il est vrai que les Anglais étaient présents en Aquitaine durant la fin du Moyen-Age, mais ils furent repoussés hors de France avant que Christophe Colomb ne découvre l’Amérique, donc bien avant que le cacao, et donc le chocolat à travers lui, ne soit connu des Européens.

 

Cette appellation de pain au chocolat est donc une aberration tant historique que technique (puisque la pâte de la chocolatine n’a rien à voir avec du pain), qui prend sa source à Paris sans aucun fondement, alors même que jusqu’au Québec on continue de dire chocolatine. Soyez ce président qui s’élèvera contre le diktat du parisianisme, à une époque où les habitants de la capitale tentent d’implanter leur mode de vie jusqu’au cœur de nos frontières, comme on peut l’observer à Bordeaux et, qui sait, bientôt à Toulouse !

 

Depuis trop longtemps, par naïveté, manque de clairvoyance, déni de réalité, voire collaboration, croyant sauver ainsi la paix civile et sociale, la classe politique, par son inactivité, n’a cessé de fournir et mettre en place tous les ingrédients qui alimentent les tensions et conduisent à la guerre sur notre propre sol. Il est donc nécessaire, Monsieur le Président, que vous preniez des mesures fortes à l’encontre des firmes impérialistes, telles que la Mie Câline, qui croient pouvoir souiller impunément notre territoire par l’usage du mot pain au chocolat dans NOS boulangeries. Cette folie n’a que trop duré et déjà des acteurs importants de notre terroir se révoltent, comme le joueur du Stade Toulousain Maxime Médard dans cette vidéo :

 

https://www.youtube.com/watch?v=i8pngtxfgyw

 

Pour finir, j’en appelle dans cette lettre à l’Académie française, car « chocolatine » est entré dans le Petit Robert en 2007 et le Petit Larousse en 2011, mais il faut désormais poursuivre les avancées acquises et boycotter dès aujourd’hui les dictionnaires ne respectant pas notre Histoire.

 

J’espère que cette lettre sera l’élément déclencheur d’une réflexion dans les plus hautes sphères de l’Etat et qu’elle incarnera, à terme, l’élément déclencheur d’une normalisation de la langue qui est, j’en suis convaincu, nécessaire.

Lorsque ce sujet anxiogène sera réglé, je propose de mettre sur la table l’un des autres maux linguistiques qui mettent en danger la langue de Molière avec la complexe et très débattue question du « crayon à papier », « crayon de bois » ou encore « crayon gris ».

 

Avec l’expression de ma très haute considération,

 

Adrien

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