L’IMPORTANCE DU PETIT COMMERCE À TOULOUSE

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L’IMPORTANCE DU PETIT COMMERCE À TOULOUSE

On vous raconte

Le 17 octobre 2018 fut une journée agitée pour les Toulousains célébrant d’un côté de la ville la journée mondiale du refus de la misère Square Charles de Gaulle, mais de l’autre l’ouverture du premier magasin à Toulouse de l’un des leaders mondiaux du prêt-à-porter à bas prix. Nous n’oublierons pas la file de clients immobilisée depuis l’aube face à la devanture de cette immense bâtisse de 8 000 m2… Cet événement nous donne donc l’opportunité de réfléchir, en cette période de fêtes si intense pour les commerçants comme pour les consommateurs, à la place du petit commerce que nous chérissons tant dans une ville qui ne cesse de se transformer.

Petit commerce - Toulouse

 

Ce phénomène n’est pas nouveau…

« Cela fait 50 ans que j’entends parler de la fin du petit commerce et pourtant il est toujours bien en vie » penseront peut-être certains. Véridique ! En réalité, cette crainte remonte même au 19ème siècle avec l’ouverture des premiers grands magasins parisiens. C’est ce que Zola illustra savamment dans son romain Au Bonheur des Dames dans lequel Octave Mouret et son grand magasin vampirisent les petits commerçants des alentours en utilisant des techniques commerciales inédites : soldes, étalages, promotions, grandes vitrines lumineuses exposant des robes de soie ou de satin… Monsieur Mouret était un précurseur puisque ces pratiques son aujourd’hui monnaie courante dans les grandes enseignes.

 

…. mais il est toujours d’actualité

Entre l’essor du commerce en ligne ou des centres commerciaux de périphérie ainsi que les difficultés d’accès pour les automobilistes, le commerce indépendant présent le plus souvent en centre-ville semble être pris au piège. Toulouse n’échappe pas à la règle avec l’ouverture future de la zone commerciale de Val Tolosa à Plaisance-du-Touch, ou l’agrandissement de la zone commerciale du Fenouillet.

 

Petit commerce - Toulouse

 

Tout n’est pas tout noir ou tout blanc !

Cependant, les transports et l’accès au centre-ville ne cessent quant à eux de se développer pour empêcher le centre-ville de se désertifier : notons par exemple l’arrivée d’une troisième ligne de métro pour 2025, la piétonisation du centre ou encore la création de parkings aux abords du centre-ville. Ainsi, tout n’est pas noir non plus pour nos petits commerces toulousains, le cœur de la ville étant l’un des plus dynamiques de France et l’un des plus riches en termes de commerces indépendants. Le taux de « vacances commerciales » des magasins y est de 5%, soit moins que d’autres grandes villes comme Marseille ! Boudu me direz-vous !

 

Petit commerce - Toulouse

 

Les géants au profit des petits ?

Mais ce dynamisme vient-il justement de la richesse des petits commerces ou bien, comme l’imaginerait Zola aujourd’hui, des géants qui s’implantent tous en centre-ville ? Pour répondre à cette question, nous nous sommes entretenus avec des commerçants indépendants pour qui le sujet ne laisse pas indifférent même si les avis divergent. Il y a d’abord les résignés, comme le responsable d’un magasin de chaussures qui nous a confié qu’il préparait déjà sa reconversion ; et ceux qui espèrent que l’ouverture de ce genre d’établissement leur ramènera plus de monde.  « De toute façon, on n’aurait pas pu les empêcher de s’installer à Toulouse, il y a trop d’enjeux derrière. Alors autant qu’ils s’installent ici pour qu’on profite des clients qui viennent de loin ! » nous confie la responsable d’une boutique de vêtements pour femmes.

 

Petit commerce - Toulouse

 

La réaction des commerçants

Résignation ou adaptation c’est un peu vivre ou mourir, mais attention, l’espoir est souvent de mise ! Chaque année, 200 établissements ouvrent leurs portes à Toulouse et le commerce de proximité ne cesse de crier son amour aux clients fidèles ou de passages qui continuent d’y mettre les pieds. Par ailleurs, nombre sont les boutiques ayant déjà pris le virage numérique en créant un site Internet ou une page Facebook afin de continuer à exister et d’avoir une grande visibilité.  Alors non, le petit commerce n’est pas mort à Toulouse, il se transforme mais renvoie toujours à des valeurs auxquelles les toulousains sont attachés : l’humain, la proximité, l’originalité et souvent, la qualité.

 

Alors que les centres-villes français s’uniformisent, la richesse du commerce indépendant continue de faire la beauté et la singularité de notre belle ville rose, c’est aussi pourquoi nous la défendons à travers les lignes du notre cher Petit Tou.

 

Quentin

Illustrations : Chloé

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