Toulouse, la plus espagnole des villes françaises ?

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Toulouse, la plus espagnole des villes françaises ?

On vous raconte

La ville rose, la cité des violettes, la capitale occitane ou encore la capitale du rugby ; notre belle ville possède une multitude de surnoms liés à ses traditions, sa culture ou encore à son architecture. Mais si occitane soit-elle, a-t-on raison de vouloir à tout prix faire de Toulouse la petite Espagne de l’Hexagone ?

Des références ​(faussement) ​ espagnoles dans la vie quotidienne

 

Commençons par la vie quotidienne ! Tout le monde s’accordera sur le fait que des références espagnoles sont disséminées un peu partout dans la ville, à commencer par l’air ibérique dans les rames du métro. Qui n’a jamais cru que cette douce voix féminine était espagnole ? Mais oui vous savez le petit « ​Estacion venenta, Joan Jaurés ​ ». Pardonnez-moi cette grave confusion entre l’espagnol et l’occitan mais reconnaissez que la deuxième langue du métro peut s’apparenter à de l’espagnol pour tout non-initié !

 

 

Une population hispanique marquée

 

Désormais, un peu de sérieux ! Comment ne pas faire de Toulouse une ville aux influences espagnoles quand près de 20% de sa population est d’origine hispanique ? Alors oui, Toulouse a rendez-vous avec le pays de Cervantes jusque dans sa population ! La plupart de ces espagnols installés à Toulouse sont aujourd’hui des jeunes diplômés parlant plusieurs langues. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette nouvelle génération s’est bien acclimatée à la vie toulousaine tant celle-ci possède des points communs avec sa consœur hispanique ! Tout espagnol de passage ne se trouvera ainsi pas déboussolé dans la ville rose. Il devra malgré tout faire un sacrifice, celui du football (et du TFC, le club officiel de la ville rose) au profit du rugby – le sport toulousain par excellence – en se mobilisant derrière notre cher Stade !

 

Une petite mise au point historique s’impose !

 

Si Toulouse peut apparaître aux yeux de certains comme une ville espagnole, c’est quand même bien souvent lié à l’Histoire que ces deux villes partagent. Un passé difficile qui a fait que des milliers d’espagnols sont venus vivre à Toulouse et y ont laissé leur empreinte. En effet, Toulouse et l’Espagne, c’est une vieille histoire d’amour et ce déjà durant la Première Guerre Mondiale, quand de nombreux espagnols sont venus prendre la place des paysans français partis au combat. Plus encore lors de la Seconde Guerre mondiale, ce que l’on appelle ​la Retirada ​ , a marqué l’arrivée massive de réfugiés fuyant le franquisme. Toulouse s’est ainsi converti en capitale des exilés espagnols ! Plus tard, entre 1950 et 1970, une troisième vague de migrants franchira les Pyrénées pour trouver du travail, dont beaucoup s’implanteront aussi sur les rives de la Garonne. D’autres Espagnols continuent aujourd’hui d’affluer vers la capitale occitane, attirés notamment par les opportunités qu’offre le secteur aérospatial.

 

 

Des lieux chargés d’Espagne à Toulouse

 

Toulouse est une ville faite pour se promener, mais en plus des itinéraires plus touristiques qui nous mènent au Capitole, au couvent des Jacobins ou encore au canal du Midi, nous pouvons alterner nos petites marches pour apprendre à connaître les lieux profondément marqués par la culture espagnole. C’est le cas de la rue du Taur, une rue bohème qui part de la Place du Capitole, et s’achève sur la non moins belle basilique Saint-Sernin. En plus de trouver une rue pleine de vie vous tomberez sur les bâtisses qui, dès les années 30, sont devenues des lieux de rencontre et de réunion privilégiés des espagnols en exil. Au nº 69 de cette même rue, vous admirerez ce qui était dans les années 40 le siège du Parti socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) dont est issus l’actuel président Espagnol Pedro Sánchez, lieu reconverti aujourd’hui en cinémathèque. Ainsi Toulouse n’a jamais oublié les Espagnols, bien au contraire, ses quartiers sont peuplés des enfants et petits-enfants de réfugiés fuyant le franquisme. Ces derniers savent aujourd’hui recevoir les touristes espagnols à bras ouverts et ce à tel point qu’il est répandu d’entendre parler espagnol dans les ruelles de la capitale Occitane.

 

 

Quand l’Espagne entre dans la danse

 

Terminons sur une touche artistique avec la mode du flamenco, apparue dans les années 1990 à Toulouse. Très vite, cette danse à la croisée des chemins de la culture ibérique et occitane est montée en puissance dans la ville rose au point qu’aujourd’hui une dizaine d’ateliers ou d’académies affichent complet. Voilà donc que les Toulousains ont succombé à ce patrimoine immatériel dans les nombreux lieux festifs que comptent Toulouse.

 

Alors que devons-nous retenir ? Malgré de nombreuses singularités occitanes, il semble que nous ayons bel et bien raison de faire de Toulouse la petite Espagne de l’Hexagone ! Notre art de vivre à la Toulousaine, notre histoire ô combien marquée par l’empreinte espagnole et notre proximité géographique avec l’Espagne semble faire de la ville rose une place forte – même si ce n’est surement pas la seule – de la culture espagnole dans l’Hexagone !

 

Marien

 

 

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