UN TOULOUSAIN EN BRETAGNE

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UN TOULOUSAIN EN BRETAGNE

On vous raconte

Dire à un Toulousain de s’aventurer en Bretagne c’est comme demander à Jul de faire de la bonne musique : peu probable. Depuis qu’il a l’âge de jouer aux billes, le Toulousain entend nombre de rumeurs sur cette contrée qui lui semble si éloignée de la sienne. Ce dernier, avide de découvertes, a décidé de s’y aventurer pour vérifier s’il s’agit de simples clichés… ou de la réalité.

Nous sommes en 2018 après Jésus-Christ et toute la Gaule est occupée par le beurre doux… Toute ? Non ! Une petite région d’irréductibles du beurre salé résiste encore et toujours à l’envahisseur… Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de Toulousains habitués au foie gras, magret, cassoulet et autres victuailles à base de graisse de canard. Le beurre salé trône fièrement sur toutes les tables bretonnes : de la tartine du petit déjeuner à l’emblématique Kouign Amman (littéralement « Gâteau au beurre »), il s’impose comme la véritable potion magique des bretons. Elle celle-ci, même Obélix peut en abuser, car après tout : « Personne n’est gros ! ».

 

Arrivé en gare de Brest, le Toulousain essaie de trouver ses marques grâce au seul repère qu’il possède depuis qu’il est enfant : le soleil. Affolé de ne voir qu’un ciel gris dépourvu de rayons rassurants, le Toulousain craint une apocalypse certaine. Que ce dernier se rassure, une fois habitué au manque de vitamine D il s’accommodera du petit crachin qui caresse son visage et des embruns qui rafraîchissent son minois… Il se surprendra même à regretter ce climat, quand de retour dans son Occitanie natale, il rôtira sous un soleil de plomb.

 

Faire de l’aviron sur la Garonne c’est sympa, mais le Toulousain, enhardi d’avoir vaincu le climat breton et l’indigestion due à l’abus de caramel beurre salé, se met au défi d’affronter la seule chose que sa chère ville ne lui offre pas : l’océan. C’est sous le regard dubitatif de vieux loups de mer de la presqu’île de La Torche que le Toulousain se lance dans la mousse bretonne, armé d’une planche de surf volée à son ennemi bordelais.

N’ayant que peu d’expérience en la matière, le Toulousain réalise que se jeter dans cette eau agitée sans combinaison au mois de janvier est une aussi bonne idée que de porter des tongs au marché de Noël. Le Toulousain honteux et confus jure, mais un peu tard, qu’il se contentera de Toulouse plage.

 

Il n’y a pas à dire, ce n’est pas dans cette région au climat humide que le Toulousain s’attendait à recevoir un accueil aussi enthousiaste. Lui qui pensait que les Bretons ne buvaient que pour se réchauffer est bien surpris quand il se retrouve plongé rue Saint-Michel à Rennes (alias rue de la Soif) dans une ambiance digne du niveau de festivité d’un vendredi soir place Saint-Pierre. Chants paillards, bars bondés, alcool coulant à flots et esprit bon enfant, de telles similitudes font chantonner au Toulousain un air de Nino Ferrer : « Il ne manque rien, on dirait le Sud ».

 

Bonne fin de semaine !

 

Victoria

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